Poème de Denis

 

Les vieux papis tout gris

 

Les vieux papis tout gris

Traînent leur ennui.

L’œil tapi sous les plis

Brille sans envie.

 

Les mains dans le dos

Vieux sages en manteau

Offrant leur histoire,

Aux maigres auditoires

 

Le drap qui les habille,

Qui jamais ne brille,

Est de gris, de marron,

Ou pastel de ces deux tons

 

Les yeux posés au sol

De peur qu’on ne leur vole

Les vieux papis tout gris

N’aiment plus que le gris

 

Ils se foutent de tout

Seul le vieux gris matou

Avec son poil rare

Leur lève le regard

 

Les filles de la télé,

Avec leur beaux nénés,

Soulagent sans conviction

Leur manque d’affection

 

En attendant sereins

Le bout de leur chemin

Ils pensent pour oublier

Au rendez-vous dernier.

 

En attendant, ils regardent

La vie qui leur chaparde

Le reste des beaux jours

Avec si peu d’amour

 

 

24 janvier 2003

Denis de la Grange Mathieu