Poème de Denis

 

lES ROUQUINS

Cinquante-cinq quatre-vingt

vingt-cinq ans que je suis rouquin

tu parles d’une sinécure

ô mon dieu, je trouve que ça dure

 

Et j’ai même tout essayé

les hormones et les teintures

et même l’acupuncture

ça, ça m’a rendu un peu cinglé

 

Papa blond, maman rouquine

comment vouliez vous monsieur

qu’avec cette mixture mesquine

je puisse couper à ces cheveux

 

Le facteur était châtain

le plombier lui était brun

l’éboueur était noir

exilé de Côte d’Ivoire

 

 

 

Pas un n’a séduit maman

pas de chance pour moi

noir et rouquin à la fois

non ne soyez pas si méchant

 

Je ne serai jamais heureux

célibataire je resterai

dans un asile de banlieue

là, je vous foutrai la paix

 

Jais avant de vous quitter

il me reste un seul espoir

que je vais vous crier

vive le grand soir

 

Denis de la Grange Mathieu