Ô belles et heureuses vacances,
Ô cher hameau de mon enfance,
Où vous vécurent chers grands
parents,
De cela, voici bien des ans.
Cette route départementale,
Bordée d'orge et de blé pâle.
Tes prairies et ta forêt,
Où affluait le muguet.
Ta cabine téléphonique,
Tes parfums bucoliques ;
Les vaches dans tes pâtures,
Entourées de clôtures.
Et les grenouilles dans ta mare,
Où fleurissaient les nénuphars.
Tes chemins terreux,
Tes sentes caillouteuses.
Au sein du village, un abreuvoir,
Où tous les animaux venaient
boire ;
Et là, une cour, une ferme, une
grange,
Un jardin, des fleurs en mélange.
Les poules agitant leurs jabots ;
Devant l'étable, deux chevaux,
Et une odeur de goudron,
Y songer m'emplit d'émotion.
Une sente viragée descendante,
Acacias, fourrés la bordant,
Et l'on pouvait apercevoir,
Abrités, sous un toit, deux
lavoirs.
Auréolée d'une voûte de pierres,
D'où s'agrippait un lierre,
Sur un banc de sable stagnant
doré,
Coulait une source d'eau fraîche
argentée.
Ton école, ta laiterie,
Ton petit bois de Saucy.
Plaines, ruisselets et arbres
fruitiers.
Sur le vallon, le cimetière et
son marronnier.
Les quelques fermes animées,
Le grain dans les greniers ;
De l'étable sortait une odeur de
fumier,
Mais surtout le doux effluve de
foin fauché.
Ô joli village, mémoire d'enfant,
Ô dureté paysanne d'avant !
A toi souvent je pense,
Avec nostalgie, en silence ...
Marie-Claude Palys