1960
Debout, sur l'escalier de
pierre,
Que les premiers rayons
éclairent ;
En ce début de jour
d'été,
Rêvassant, les yeux
levés,
L'enfant, une lecture
sous le bras,
Sur la sente se dirigea.
Oeillets, capucines,
giroflées,
Soucis, cosmos, mufliers
...
Huma la rose parfumée,
Inspira l'effluve léger.
La blanche marguerite
cueillie,
Un peu, beaucoup, à la
folie ...
Traversa le potager,
Vit une rangée de
fraisiers,
Le fruit à la
bouche porté,
Sa chair carmin savourée.
Une brise effleura,
légère,
Les pâles épaules
découvertes ;
Quelques capselles
chatouillèrent,
Les pieds nus sur l'herbe
verte.
Ici, le poirier
bienveillant,
Avec ses branches
feuillues, offrant,
Aux grosses chaleurs
d'été,
Ce coin frais et ombragé.
S'assied sur le doux
tapis,
Livre à la main,
s'assoupit ;
Sortit de son sommeil,
troublée,
Sa cadette à ses côtés.
Munie de clous et d'un
marteau,
Illusion de talons hauts
?
Une paire de sandales
découpées,
Deux bobines de bois
évidées.
Un garçonnet efflanqué,
Troubla cette
tranquillité.
Deux planches adossées,
un parpaing,
Pour le petit, c'est un
tremplin;
De patins à roulettes
chaussé,
Sur cette piste, fut
enfin lancé:
"Les filles", dit-il,
"vous me regardez"
"Tu vas tomber"
répond l'aînée.
Les grands plaisirs de
l'enfance,
Les jeux, leurs
magnificences.
Les gamins jouant en ces
lieux,
Ainsi s'écoulent les jours
heureux